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Une violence délibérément inéluctable ? La presse et les média font un triste constat : Il y a de plus en plus de violence… dans l'Ecole et autour de l'Ecole. Et bien évidemment on entend parler aussitôt de " la Crise "… qui devient pour nos dirigeants une sorte d'arbre qu'ils nous montrent pour détourner nos regards de la forêt des inégalités. La crise serait alors l'occasion pour certains de justifier les régressions sociales qu'ils connaissent parfaitement et dont ils sont directement ou indirectement complices. En effet la misère sociale entraine la violence qui donne des reflexes de replis identitaires. Les replis identitaires nous renvoient peu à peu et inévitablement vers des dérives communautaires qui à leur tour deviennent sources de violences et de haines, entrainant la société vers une spirale vicieuse dont on ignore jusqu'où elle nous mènera. Ceci ne rappelle t-il pas des temps pas si éloignés où un régime autoritaire et peu respectueux du peuple et des principes républicains est ainsi arrivé au pouvoir ? Faut-il donc craindre que tout cela ne soit pas fortuit ? Nous ne pouvons concevoir à e.i.L, que les pouvoirs financiers secoués par les scandales successifs préfèreraient délibérément voir une telle évolution dans le but de maintenir leur puissance … Paupériser les gens et les maintenir dans l'ignorance ou bien relancer le dialogue social pour stimuler l'économie et investir dans l'Education est bien la problématique actuelle soumise à nos gouvernants. Or actuellement en France on a le sentiment d'une volonté de réduire la protection sociale - donc collective - pour renforcer la responsabilité individuelle. Et si on met en avant la responsabilité du '' Pauvre '' il devient suspect de '' profiter '' de l'aide dont il bénéficie. Le chômeur ne serait plus une victime mais deviendrait un paresseux même aux yeux de ceux qui parmi les travailleurs pauvres ont du mal à vivre décemment. Si le manque de dialogue social et l'absence de prise en compte des besoins en matière de services publics est la politique choisie donc si l'Etat n'essaye pas d intervenir pour diminuer la misère sociale et d'agir en développant l'Ecole publique laïque - maternelle, élémentaire, collège, lycée professionnel, lycée, enseignement post bac et enseignement supérieur - on peut craindre une évolution dangereuse des comportements sociaux, plus de violence et plus de paupérisation avec à terme les risques de destructions des équilibres qui ont fait de notre pays un lieu de paix civile et de progrès économique et social. En réduisant le nombre de fonctionnaires et notamment dans l'enseignement, on donne moins d'éducation à ceux qui en ont le plus besoin, ce qui est générateur de violence à court terme : les réponses de nos concitoyens deviendront plus émotionnelles avec moins de réflexion des individus. La mise en concurrence entre '' les pauvres '' comme réponse à la crise dresse les gens les uns contre les autres. L'Etranger, puis l'Immigré, commence d'abord par devenir l'ennemi : il devient le bouc émissaire d'un système dont le simple citoyen est victime. Depuis l'Ecole de Jules Ferry la priorité pour la jeunesse est bien de lire, écrire, compter pour avoir ensuite un regard critique sur l'évolution de son existence dans la société qu'il appelle de ses vœux. C'est aussi promouvoir la possibilité d'acquérir un métier en toute dignité dans un enseignement public et laïque, où la jeunesse n'est pas soumise aux pressions idéologiques ou économiques. Sinon maintenir les gens dans l'ignorance c'est à terme confier leur avenir aux tenants de l'obscurantisme. On commence par minimiser l'Instituteur et on reparle du Curé. Confier les jeunes aux communautés religieuses et désengager l'Etat de ses devoirs républicains permet de former des individus dociles plutôt que des citoyens maitres de leurs destinées ! Pour la Fédération e.i.L et les défenseurs des valeurs républicaines l'Etat ne doit pas manquer à ses obligations et doit exercer pleinement ses prérogatives dans la conduite des politiques publiques. Pendant ce temps là il n'est question que de suppressions de postes à l'Education Nationale, on sollicite les retraités et on réduit le nombre des postes aux concours de recrutement des enseignants de l'Ecole publique . On assiste donc également à une paupérisation des retraités qui seront malheureusement de plus en plus nombreux à revenir sur le marché du travail pour compenser le faible montant de leur retraite et à une paupérisation des jeunes qui n'arrivent pas à entrer sur le marché du travail sinon de plus en plus tardivement. Si dans le monde la laïcité est une valeur montante dont certains peuples commencent à s'emparer, en France nous assistons à des tentatives de régression dont les bénéficiaires à terme seraient des puissants des mondes économique et financier qui instrumentalisent certains de nos gouvernants qui ne seraient peut-être pas fâchés ainsi de se maintenir au pouvoir . Il serait alors aisé de répondre à la question : à qui profite la crise ? Non la violence n'est pas inéluctable ! Chaque républicain comprendra la nécessité de développer le service public de l'Education Nationale comme un des moyens de la prévenir. L'Ecole publique laïque, républicaine et obligatoire, reste la valeur de base de la paix civile et du progrès social et économique que la fédération e.i.L appelle de ses vœux, avec tous ceux qui partagent cet idéal. Christian LAGE - Paris, mai 2009 |